Carte de la ligne Liège-Barchon-Fouron-le-Comte
I scrollez pour zoomer
Le départ de Liège

Place Saint-Lambert - début du XXe siècle
Dès le début, le choix de la traction à vapeur, propre aux tramways vicinaux circulant hors agglomération, va faire surgir quelques contraintes. L’interdiction de ce mode polluant d’entrer au centre-ville de Liège impose le choix de la rive droite de la Meuse pour son terminus. Ainsi, le tracé urbain débute près de la Passerelle Saucy par une première station implantée au quai des pêcheurs (aujourd’hui quai Van Beneden).
Quai des Pêcheurs, station Liège-Passerelle vue depuis le pied des escaliers de la Passerelle Saucy
Elle est environnée d’une infrastructure comprenant un réseau à trois voies pour le replacement des locomotives en tête de convoi, un garage pour les wagons et un système de transbordements de marchandises sur péniches (Nous appellerions ça aujourd'hui une plateforme multimodale !).
Cette station est dénommée Liège-Passerelle et dispose également de bureaux et d’une salle d’attente.
La petite gare est bâtie en briques et pierres de taille mais surtout dispose de grandes baies vitrées à ossatures métalliques. Les voyageurs embarquent via un quai disposé sur toute la longueur du bâtiment.

L'hôpital de Bavière et la voie vicinale (av. 1905)
Journal “La Meuse” - 28 septembre 1896

Liège, le nouveau pont de Bressoux sur la Dérivation
Le tracé de la ligne (à voie unique) débute par une première courbe conduisant le tram vers le boulevard Saucy et se poursuit le long du boulevard de l’Est jusqu’au début du boulevard de la Constitution.
Dès mai 1910 et l’électrification de la section urbaine, la ligne Liège-Barchon est connectée au réseau de la ville de Liège sous l'indice « 41 » (« J » après 1918). Ainsi, via le pont des Arches et la rue Léopold, elle rejoint la place Saint-Lambert qui devient son nouveau terminus « passagers ». Ce prolongement est rendu possible par la démolition de l'ancienne église Saint-Pholien
qui empiétait sur l’alignement du nouveau pont des Arches.
Par le boulevard de la Constitution, la ligne dessert le nord-est d’Outremeuse et notamment le nouvel hôpital de Bavière (rue des Bonnes-Villes). Ensuite, elle doit enjamber la Dérivation pour rejoindre Bressoux.
En cette fin de XIXe siècle, il n’existe pour ce faire que le pont d’Amercœur en amont de ce coin de ville récemment urbanisé.
Par conséquent, un nouveau pont (le pont de Bressoux) doit être construit. Cet ouvrage d'art va nécessiter une nouvelle participation financière de la ville mais aussi de la S.N.C.V.
Ce pont est assez étroit. Entre ses deux arches métalliques, Il supporte la voie unique du tram (qui sera dédoublée par après) et le long de celle-ci une chaussée pavée. A l’extérieur, un trottoir pour piétons est aménagé de chaque côté.
Bressoux

Bressoux, Trou-Louette. Le dépôt du tram
Ensuite le tram traverse l’agglomération de Bressoux via la longue rue du Moulin. A son extrémité, au lieu-dit « Trou-Louette » un dépôt S.N.C.V. est construit. Il servira à l'entretien des locomotives à vapeur (dont celles du charbonnage de trembleur) jusqu'en 1958. Il est implanté en face de l’ancienne station-État de Bressoux (La première gare S.N.C.B. de Bressoux, qui sera reconstruite par deux fois un peu plus à l’est).
Bressoux, Trou-Louette. Le passage à niveau
Une autre connexion « multimodale » (ici avec le train) est, via des voies d'échange, aménagée le long du chemin de fer Liège-Maastricht.
Celui-ci est franchi via un passage à niveau rue des Alouettes (actuelle rue Defrance). Il permet de rejoindre la voie de Liège (aujourd’hui rue Winston Churchill), en contrebas de l’ancienne abbaye du Bouhay.
Bressoux, Trou-Louette, le pont du vicinal et le dépôt
Le trafic de marchandises va rapidement prendre de l’ampleur et justifier la circulation de convois spéciaux. En 1910, des convois de 6 à 8 voitures partent vers Jupille-Lochet toutes les 14 minutes, puis toutes les 10 minutes à partir de 1911.
Ils sont régulièrement immobilisés devant le passage à niveau enjambant la ligne S.N.C.B. très fréquentée. Cela va nécessiter, à partir de 1939, la construction d’une passerelle à voie unique enjambant obliquement les voies ferrées, évitant ainsi les longs arrêts et retards occasionnés aux voyageurs.
Constitué d’une unique arche en béton armé, ce « viaduc » de Bressoux va permettre un gain de temps considérable. Il ne pourra malheureusement pas être utilisé par les convois transportant du charbon, trop lourds pour gravir sa dénivelée.
Jupille

Jupille, ancienne rue de Liège.
Arrêt au lieu-dit "chapelle Momelette"
Le tracé urbain se prolonge le long de la rue de Liège jusqu’au lieu-dit « Chapelle Momelette » (carrefour avec la rue Charlemagne) puis traverse Jupille par la rue de Visé jusqu’au carrefour de la rue de Meuse.

Jupille, place Havart
Arrêt au carrefour avec la rue Charlemagne
Cette rue de Meuse, la rue Chafnay et la rue du Couvent sont ensuite empruntées pour rejoindre l’extrémité du réseau urbain, précisément devant l'ancienne usine Lochet (à proximité de la chapelle Saint-Roch et l’ancien couvent des Sépulcrines). Une aubette construite à l’intersection de la rue du Couvent et la rue actuelle du Vicinal équipe cet arrêt assez fréquenté (notamment par les ouvriers des usines toutes proches).
Jupille, l' usine Lochet-Habran.
Le tram vicinal arrêté le long du dépôt
A l’origine de l’exploitation de la ligne, s’y trouve un dépôt où les motrices à vapeur refont le plein d'eau et de briquettes avant que le tram n’entame les premières pentes vers Bellaire.
Les services urbains (Liège (Saint-Lambert) - Jupille (Lochet) - Ligne 41), électrifiés le 1er mai 1910, ont un temps leur terminus propre dans l'axe de la rue du Couvent où ils donnent correspondances aux convois à vapeur ou aux autorails (apparus dans les années 1930) qui continuent vers Bellaire.
En parallèle du transport "électrifié" des voyageurs, le service à vapeur se poursuit en acheminant les convois de marchandises vers la Meuse et le transport fluvial jusqu’au terminus du quai des Pêcheurs (grâce à l’utilisation d’un tracteur électrique 9900).
Ce terminus sera à nouveau utilisé par les convois passagers suite à la destruction du pont des Arches lors des deux guerres mondiales (1914 et 1940). L’accès à la place Saint-Lambert est rétabli en1930 puis en 1947 à la fin de chacune des reconstructions de ce pont.
Sources :
Julien de Leval – Conférence : Sur les traces de la mémoire de la Voie Vicinale 73 Liège-Barchon–Fouron-le-Comte - Blegny 2006
Georges Abraham - Petite histoire du vicinal - Liège-Barchon - Blegny-Initiatives, n°92 à n°97 - 1981
Fellingue, Hanssen, Lambou, Renard - Les tramways au pays de Liège – T2 – GTF a.s.b.l. - 1985
KBR.be - BelgicaPress - www.belgicapress.be - 2025
https://littlegun.be/arme belge/artisans identifies l/a lochet habran laurent fr.htm - 2025
https://www.trams-trolleybus.be/