La guerre 1940-1945

Monument de Rabosée (Place des fusillés)

En mai 1940, à peine remis du premier conflit, notre village est à nouveau plongé dans les affres de la guerre. Pendant quatre ans, il va vivre replié sur lui-même, dans la crainte des exactions de l'envahisseur. Cela ne va pas empêcher les plus courageux de rejoindre l' armée secrète, au risque d'être fusillés (ce fut le cas à Rabosée en 1944).
La ferme Lemlyn (ferme du Petit-Pihot) va servir, pendant un temps, de point de chute pour les résistants de la région. Le vieux château sera quant à lui, le refuge d'un résistant de marque : le professeur et dramaturge liégeois Charles-Henry Derache. Le contact entre le proscrit et la résistance était un élève de son école, le futur poète wallon Nicolas Donnay.

Guillaume Liégeois et deux libérateurs

Jean Rassenfosse et Germaine Bozard entourés
de deux américains (1944)

Plusieurs familles du village voisin de Queue-du-bois cachèrent des aviateurs américains pendant des mois au péril de leur vie.
La Libération tant attendue, fut tristement précédée par de derniers drames comme l' explosion d'un char allemand au milieu du hameau de Sur les Heids ou la mort à Queue-du-Bois de l' infortuné aviateur américain Robert Garrett abattu le 7 septembre 1944 par les derniers allemands qu'il avait pris pour l'avant-garde américaine.

Les ruines du château de Forêt

N'oublions pas non plus que la résistance paya durant ces derniers jours, un lourd tribut à son engagement aux côtés des Alliés notamment lors de la prise et l' incendie du château de Forêt, sur les hauteurs de la Vesdre, par les dernières troupes allemandes encore présentes.

Finalement, le village sera libéré le dimanche 10 septembre 1944 par des éléments (33rd field artillery battalion) de la 1ère Division d'Infanterie américaine (la fameuse Big Red One) fonçant droit vers Aix-la-Chapelle qu'elle finit par prendre fin octobre.
Pendant des semaines, le village fut traversé par des unités alliées. Un petit aérodrome fut même installé dans les prairies, près de la ferme Colin (ferme du Pihot). Il sera essentiellement utilisé par des avions de reconnaissance.

L' euphorie de la libération sera pourtant de courte durée. Il faudra enterrer les nombreux morts des derniers jours (les résistants de Forêt et les villageois tués dans l' explosion de Sur les Heids). De plus, les problèmes liés aux privations alimentaires et les rancœurs accumulées pendant quatre ans, créeront un climat détestable qui va peser longtemps sur le village.
Pendant des mois, la peur des robots (V1 et V2 allemands) et l'offensive des Ardennes empêcheront toute festivité.