La destruction de la ville de visé en 1914

L'ancienne rue du Perron en 1915 - Ruines de l'hôtel de ville

L'extérieur de la collégiale Saint-Martin en 1916

Les ruines de la ville de Visé en 1915

Ruines de la collégiale Saint-Martin en 1915

La petite cité mosane fut occupée par les allemands (34e brigade) dès le 4 août.
Le génie belge ayant fait sauter le pont, les envahisseurs durent en construire un plus au nord pour traverser le fleuve et tenter d'attaquer la ville de Liège par la rive gauche. Constamment sous le feu du fort de Pontisse, cet exercice se soldera par un échec cuisant lors de la première tentative.

De premiers massacres seront perpétrés dès la nuit suivante notamment dans le village voisin de Berneau après que certains militaires allemands se soient tiré les uns sur les autres (Incidents qui se répéteront régulièrement lors de l'invasion).

Ruines du choeur de la collégiale Saint-Martin

Mais ce n'est que bien plus tard, à partir du 15 août, que la tragédie va avoir lieu des œuvres de troupes fraîchement arrivées d'Allemagne (régiment du génie de Königsberg). Celles-ci, prises de panique et sous l'emprise de l'alcool, vont d'abord se tirer dessus pour ensuite accuser les civils, pourtant désarmés depuis plus de 10 jours, d'avoir ouvert le feu sur les soldats.

Les ruines de la ville de Visé en 1915

Les ruines de la ville de Visé en 1916

Elles se déchaîneront ensuite sur la ville, la pillant puis l'incendiant entièrement, faisant au passage un grand nombre de victimes. La terreur des habitants sera à son comble deux jours durant. Ceux qui le purent se réfugièrent dans des villages avoisinants ou fuirent vers la Hollande restée neutre. Rien ne fut épargné : ni le bel hôtel de ville du XVIIe s., ni la collégiale Saint-Martin dont le beau clocher roman avait déjà été démoli sous le prétexte qu'il servait de repère aux artilleurs du fort de Pontisse.

Au final, on dénombrera plus de 600 maisons détruites et 42 civils tués. Visé sera la première ville martyre de la guerre et connaîtra les premières déportations de masse. C'est plus de six cents hommes qui seront pris dans des rafles et emmenés de force en Allemagne (Munsterlager) d'où dix ne reviendront pas.

Il est dit que l'empereur en personne viendra « admirer » l’œuvre de ses bourreaux quelque temps après.

Les prisonniers russes à visé

Gare de Visé - Prisonniers russes en 1916

Prisonniers russes dans Visé en 1916

Groupe de prisonniers russes en 1917

Ouvriers au travail sur une voie vicinale ?

En 1915, le conflit s'éternisant, les autorités allemandes développèrent le concept d’économie de guerre. La machine économique fut en grande partie réorganisée pour répondre à cet effort essentiel pour soutenir les armées. C'est logiquement, vu le manque de bras « allemands », que la mise au travail de prisonniers de guerre puis des populations annexées se généralisa.

Les premiers et les plus nombreux furent les Russes acheminés en masse du front oriental vers des camps en Allemagne puis dans les zones les plus dépeuplées. Ils étaient aussi les plus dociles et les plus corvéables.

Gare de Visé - Prisonniers russes en 1916

C'est ainsi qu' arrivèrent dès 1915 des contingents Russes à Visé pour travailler notamment dans les chemins de fer (construction du viaduc de Lixhe (1915-1916), de la gare de triage de Montzen ainsi que celle de Visé). D'autres seront également utilisés dans les charbonnages.
Certains réussiront à s'évader et seront un temps cachés par des habitants de Saive.

Sources :
J. BERTRAND, Le Martyre de la Province de Liège, éditeur L. Opdebeek, Anvers 1921
John HORNE & Alan KRAMER, 1914. Les Atrocités allemandes, Éditions Tallandier, 2011