Le Chœur

Maître-autel (2014)

L'église possède trois autels en bois peint réalisés entre 1682 et 1719. Ils sont ornés de peintures de l'école liégeoise du XVIIIe siècle.
Le chœur est occupé par le maître-autel. Constitué d'une base en forme de sarcophage galbé, il est surmonté de quatre colonnes à chapiteaux corinthiens soutenant un fronton semi-circulaire blasonné aux armes de la famille Méan. Une très belle peinture (la « Remise des clefs à saint Pierre ») de Jean Riga (1680-1725) surplombe un grand tabernacle surmonté d’un crucifix. Sa porte est ornée du Delta mystique avec Œil de Dieu en gloire. Il était garni de deux anges adorateurs (volés en 1986).

Autel latéral droit - La crucifixion (2014)

De part et d'autre du chœur, deux autels de même style font pendant à l'autel majeur.
Celui de droite est une fondation du chanoine Bietmé, originaire de Saive, chanoine à la collégiale Saint-Servais de Maestricht et bienfaiteur de la paroisse. Ses armes décorent le fronton. Le retable de cet autel est décoré d’un tableau remarquable (probablement du XVIIe s.) représentant la crucifixion, œuvre du peintre liégeois Englebert Fisen (1655-1733). Il fut restauré en 2013 (Atelier Artbee). L'autel est décoré d'une grande statue de Sainte Brigide d'Irlande en bois peint, datée de la fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle. La Sainte faisait l’objet d’une grande vénération locale (une confrérie lui était consacrée). Elle était invoquée principalement pour la production du bétail.

Sainte Brigide d'Irlande

Autel latéral gauche (2014)

A gauche, l'autel dédié à Notre-Dame du Mont-Carmel est décoré d'une peinture évoquant un épisode de la vie de saint Simon Stock (XVIIe s.) ainsi que d’une statue de la Vierge à l’Enfant. Il est une fondation de Pierre Froidmont, un des artisans de la reconstruction de l'église.
A l'origine, la dalle funéraire de Pierre Froidmont et son épouse Pirette de Tillieux était disposée au pied de cet autel. Elle sera, par la suite, déplacée dans l'axe de la nef (voir ci-dessous).

La nef

Confessionnal style Empire

Deux confessionnaux en chêne sculpté de style Louis XIV (XVIIe s.) et Empire (XIXe s.) sont adossés au mur nord de la nef ainsi que les fonts baptismaux en marbre taillé de style Louis XIV (moitié du XVIIIe s.). Le couvercle en laiton qui recouvrait la cuve a été dérobé.

La chaire de Vérité (milieu du XVIIIe s.), est en chêne peint et ornée de bas reliefs représentant les quatre Évangélistes. A l'origine, elle était surmontée d'un grand dais démonté dans les années 1960.
(Ci-dessous, l'état ancien de l'intérieur montrant notamment le dais surmontant la chaire de Vérité).

Le chœur et la nef après la restauration de 2013-2014

Têtes d’angelots (2010)

La nouvelle voûte immaculée

Un chemin de croix (bois et plâtre) datant de 1844, à l'origine polychrome, est disposé latéralement le long de la nef.

Le mobilier du chœur est en grande partie contemporain (fin des années 1960) à l'exception des bancs en chêne disposés en haut de la nef, datant probablement du début du XVIIIe s. et ornés de remarquables têtes d’angelots entourées de feuilles et de fleurs (voir bandeau supérieur).

Outre Sainte Brigide, l'église abrite plusieurs statues anciennes en bois polychrome (Sainte Barbe, Sainte Catherine d'Alexandrie, saint Hubert) du début du XVIIIe siècle.

La nef est couverte d'une voûte en berceau subdivisée en six caissons moulurés fractionnés par des doubleaux. Avant sa restauration récente (2013/2014), elle était décorée de peintures en partie sur toiles marouflées (Œuvres de Léon Boverie – 1928).

Les pierres tombales

Au pied du maître-autel, se dissimulent deux dalles funéraires étonnamment bien conservées.
La première est celle de Denis de Monsen, seigneur de Saive de 1647 à 1670 et de son épouse Catherine Playoul, décédée en 1689. La pierre sépulcrale est décorée à gauche des armes des familles Monsen (d'argent au lion de gueules), écartelées au XVIIe s. avec celles des Sproelant (d'argent à trois roses de gueules surmontées d'un lambel à trois pendants d'azur) et à droite de celles des Playoul (armes parlantes aux 3 plies).
La seconde est au nom du curé Arnold Guillaume Mariette. Il fut le maître d’œuvre de la reconstruction de l'église à partir de 1670. Malgré une période très agitée (passage fréquent de troupes durant la guerre de Hollande), il mènera à bien la construction du chœur et la nef du nouvel édifice. Une énigme demeure sur l'origine de son second nom "Mariette" ajouté à sa mort.

Pierre tombale de Denis de Monsen (partie haute)

Denis de Monsen

Arnold Guillaume Mariette

Au centre de la nef, quelques belles pierres tombales armoriées (XVIIe et XVIIIe s.) sont alignées dans le pavement. De haut en bas, celle de Pierre Froidmont et de son épouse Pirette de Tillieux puis la pierre de Jeanne Lehane, ensuite celle d' Olivier de Labeye et son épouse Philipkin(e) de Fléron et enfin celle de Guillaume Melan.
Il est regrettable qu'a l'heure actuelle, aucune protection n'est envisagée pour ces pierres dont les reliefs s'effacent inexorablement.

Froidmont - Tilleux

Jeanne Lehane

Labeye - Fléron

Guillaume Melan

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Les vitraux

Les châssis des fenêtres de la nef et du cœur étaient constitués précédemment de verres en losange. Ils furent remplacés en 1967 par des rectangles de 15x12cm en verre antique allemand « Mittinger ».
Depuis 1967, chaque fenêtre est ornée de petits vitraux (ateliers d’art Romainville) aux armes de personnalités historiques et de familles notables de la paroisse. Ils sont tous contemporains sauf celui de l'Archidiacre du Condroz (Stockem) beaucoup plus ancien (réemploi ?) mais dépendu en 2004.
Ci-dessous, L'ensemble des vitraux de l'église, de gauche à droite en montant vers le chœur.

Famille Colloise

Famille Monsen - Sproelant

Famille Warrimont

Famille Maréchal

Famille Ruwet

Famille Gilson

Famille Le Roux

Famille Rutten

Famille Neuville

Famille Loersch

Famille Saive

Paroisse de Saive

Jean de Jupille

Gui François de Saive

Famille Méan

Cardinal

Famille Keulen

Famille Malherbe

Famille Prion Pansius

Famille Coemans

Famille Pirquet

Famille Lacroix

Famille Ancion

Famille Debattice

Famille Falla

Famille Oury

H. de Stockhem

Famille Grady

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Le jubé & Les orgues

Vue générale du jubé (2014)

Les orgues (2014)

Tribune décorée (2010)

Soutenu par deux colonnes à chapiteaux toscans et deux culots en pierre taillée, le jubé est en bois ciré et doré de style Louis XVI.
Son centre est occupé par un grand buffet d’orgues. Celui-ci fut réalisé en 1858 par Arnold Clerinx de Saint-Trond et restauré en 1928 puis en 1982. Il est d'une très grande valeur musicale. Ce remarquable instrument comporte 886 tuyaux, 17 jeux et demi, deux claviers de 56 notes et un pédalier de 25 notes et une boîte expressive.
Mis à mal par les déboires récents de l'église et les travaux successifs, il devra à nouveau être remis en état.

La tribune est décorée de panneaux en chêne partiellement dorés garnis de trophées, d'instruments de musique, de symboles des Vertus théologales (Foi, Espérance, Charité) ainsi que des guirlandes végétales et des nœuds.

Sources :
Edouard Poncelet, La seigneurie de Saive, extrait du Bulletin de l'institut archéologique liégeois - tome XXII, 1891
Georges Abraham, Histoire de la paroisse de Saive, asbl"Les Compagnons du Vieux Château", 2010
Micheline Demars-Housset, Divers travaux de recherche notamment dans les archives de l'ancienne Cour de Justice de Saive (2010)
Bernadette Mouchette-Monville, Eglise de Saive : Un patrimoine remarquable – Blegny Initiatives : N°447 Nov. 2013
P. Lohest-Delchambre, Recueil de pierres tombales, croix, armoiries et inscriptions du Pays de Liège, 1899
François Beaujean et Charles Demars, Atlas Héraldique de la Basse-Meuse, Tome I, S.R.A.H.V. Musée Régional de Visé, 2001